Calcul \(2s\) pour \(H_2^+\) : intégrales analytiques et petites distances

Oui, on peut faire nettement mieux qu’un calcul « 100 % numérique ».

1. Les intégrales sont en grande partie analytiques

Les orbitales hydrogénoïdes \(2s\) sont des fonctions très simples :

\[ \phi_{2s}(\mathbf r) = \frac{1}{4\sqrt{2\pi}\,a_0^{3/2}} \left( 2-\frac{r}{a_0} \right) e^{-r/(2a_0)}. \]

Les intégrales à deux centres contiennent donc essentiellement :

En coordonnées elliptiques prolates,

\[ \xi=\frac{r_A+r_B}{R}, \qquad \eta=\frac{r_A-r_B}{R}, \]

on a :

\[ r_A=\frac{R}{2}(\xi+\eta), \qquad r_B=\frac{R}{2}(\xi-\eta), \]

et l’élément de volume devient :

\[ d\tau = \frac{R^3}{8} (\xi^2-\eta^2)\, d\xi\,d\eta\,d\varphi. \]

Les fonctions exponentielles se simplifient fortement :

\[ e^{-r_A/(2a_0)} e^{-r_B/(2a_0)} = e^{-R\xi/(2a_0)}. \]

L’intégration sur \(\eta\) porte alors sur des polynômes et peut souvent être effectuée analytiquement. Il reste au maximum des intégrales unidimensionnelles très régulières en \(\xi\), voire des expressions fermées formées de polynômes et d’exponentielles.

Ainsi :

2. La difficulté aux petites distances n’est pas seulement l’intégration

Même avec des intégrales parfaitement exactes, la formule

\[ E_u = \frac{H_{AA}-H_{AB}}{1-S} \]

devient numériquement délicate lorsque \(R\to0\), car :

\[ S\to1, \]

donc :

\[ 1-S\to0, \]

et simultanément :

\[ H_{AA}-H_{AB}\to0. \]

Le quotient possède une limite finie, mais son calcul naïf soustrait deux nombres presque égaux au numérateur et au dénominateur.

C’est une perte de précision par annulation catastrophique.

3. La branche antisymétrique ne disparaît pas lorsque \(R\to0\)

La combinaison normalisée est :

\[ \psi_u = \frac{\phi_A-\phi_B} {\sqrt{2(1-S)}}. \]

Pour une petite distance \(R\), on peut développer :

\[ \phi_A-\phi_B \simeq R\frac{\partial\phi_{2s}}{\partial z}. \]

En même temps :

\[ 1-S\simeq C R^2. \]

Ainsi, le facteur \(R\) du numérateur est compensé par celui provenant de la normalisation :

\[ \sqrt{1-S}\propto R. \]

La limite de \(\psi_u\) est donc une fonction finie, proportionnelle à :

\[ \frac{\partial\phi_{2s}}{\partial z}. \]

Cette limite possède une symétrie de type \(p_z\). Le passage sous la branche \(g\) peut donc avoir une véritable signification dans cette base : à courte distance, la branche antisymétrique ne ressemble plus simplement à « deux \(2s\) qui s’opposent », mais tend vers une fonction angulaire différente.

Il faut néanmoins rappeler qu’à \(R\to0\), le système physique tend vers l’ion unicentrique \(\mathrm{He}^+\), alors que notre base conserve des orbitales d’hydrogène de charge nucléaire \(Z=1\). La base minimale n’est donc pas optimale dans cette limite.

4. Ce que je propose pour le nouveau calcul \(2s\)

Je proposerais une version en trois niveaux de robustesse.

A. Coordonnées elliptiques prolates

Calculer les intégrales directement avec :

\[ 1\leq\xi<\infty, \qquad -1\leq\eta\leq1. \]

Cela élimine les singularités mobiles de la grille cylindrique.

L’intégration sur \(\varphi\) est immédiate et celle sur \(\eta\) pourra être faite analytiquement.

Il ne restera qu’une quadrature régulière en \(\xi\), par exemple après le changement :

\[ \xi = 1+\frac{t}{1-t}, \qquad 0\leq t<1. \]

B. Calcul direct des combinaisons normalisées

Au lieu de calculer séparément :

\[ H_{AA}-H_{AB} \]

puis de diviser par \(1-S\), on peut calculer directement :

\[ E_u = \langle\psi_u|H|\psi_u\rangle, \]

avec :

\[ \psi_u = \frac{\phi_A-\phi_B} {\sqrt{2(1-S)}}. \]

Cela ne supprime pas entièrement la difficulté, mais évite certaines soustractions effectuées après l’intégration.

C. Développement asymptotique pour les petites distances

Sous une valeur comme :

\[ R<0{,}5a_0, \]

on pourra utiliser des séries :

\[ 1-S = c_2R^2+c_4R^4+\cdots, \]

et :

\[ H_{AA}-H_{AB} = d_2R^2+d_4R^4+\cdots. \]

Alors :

\[ E_u(R) = \frac{d_2+d_4R^2+\cdots} {c_2+c_4R^2+\cdots}, \]

sans soustraction de nombres presque égaux.

5. Vérification de la réalité de l’inversion

Pour être certain du résultat, la nouvelle version devrait afficher en supplément :

\[ \Delta E(R) = E_u(R)-E_g(R). \]

Le croisement est donné par :

\[ \Delta E(R_c)=0. \]

Un petit panneau ou un affichage numérique donnerait :

On pourrait aussi comparer trois précisions de quadrature :

\[ N_\xi=80,\qquad120,\qquad180, \]

et vérifier que la position du croisement ne bouge pratiquement plus.

Proposition concrète

Je ferais maintenant :

molecule_h2p_02_02_2s_elliptique_SI.py

avec :

C’est la meilleure étape suivante : elle permettra de déterminer si le minimum vers \(5{,}7\,\text{Å}\) et l’inversion à plus courte distance sont stables, tout en montrant jusqu’où la base minimale \(2s_A,2s_B\) reste physiquement interprétable.